C’est par un simple communiqué que la FIFA a annoncé qu’elle renonçait à son projet de faire passer de 32 à 48 équipe le nombre d’équipes appelées à disputer le Mondial 2022. Gianni Infantino a donc jeté l’éponge après avoir mené tambour battant une campagne pratiquement sur les cinq continents.

Le patron de l’institution faitière du football mondial a multiplié les interventions et a réussi à convaincre logiquement une grande majorité des fédérations et des confédérations, notamment celles dont les chances d’être représentées dans la compétition grandissaient. Mais le dirigeant suisse s’est heurté à deux obstacles objectifs. D’abord la situation diplomatique et politique explosive dans la région du golfe interdisait un élargissement du nombre des pays hôtes. Ensuite, il y a ce fait avéré : le Qatar n’a jamais montré sa disponibilité à partager l’événement dont il a eu la charge de l’organisation de haute lutte malgré l’opposition farouche d’une grande partie du monde occidental. Sans agressivité ni tapage médiatique, Doha a écouté poliment les propositions de la FIFA mais est resté droit dans ses bottes en expliquant que la décision finale lui reviendrait. Et clairement les Qatariens n’ont a aucun moment montré de l’intêret et encre moins de la passion pour la lubie improvisée du patron de la FIFA.
Rappel des principales déclarations de Gianni Infantino sur le thème de l’élargissement depuis novembre 2018
Miami, 7 novembre 2018
« Pouvons-nous déjà le faire pour 2022 ? C’est un défi difficile, nous devons prendre une décision en mars. Nous en discutons avec le Qatar. Ce sera un défi très, très difficile de le faire (avec 48 équipes) uniquement au Qatar. Donc personnellement, en tant que président de la FIFA, je serais très heureux si quelques matches pouvaient être partagés avec quelques pays de la région. Je n’ai pas changé d’avis: je pense qu’accroître à 48 le nombre d’équipes au Mondial est une bonne chose pour le football. Voilà pourquoi nous le faisons pour le Mondial 2026 ».
Dubai, 2 janvier 2019
« Si nous pouvons équiper certains des pays voisins dans la région du Golfe qui sont très proches pour les faire accueillir quelques matchs de la Coupe du monde, ce serait très bénéfique pour la région et le monde entier, a-t-il confié en conférence de presse, Il y a des tensions dans cette région particulière et ce sont aux dirigeants (politiques, ndlr) respectifs de s’en occuper.Mais peut-être est-il plus facile de parler d’un projet de football commun que de choses compliquées. Si cela peut aider tous les peuples du Golfe et tous les pays du monde à développer le football et à transmettre un message positif au monde sur le football, alors nous devrions essayer
Dubai, 2 janvier
« Si nous pouvons équiper certains des pays voisins dans la région du Golfe qui sont très proches pour les faire accueillir quelques matchs de la Coupe du monde, ce serait très bénéfique pour la région et le monde entier, a-t-il confié en conférence de presse, Il y a des tensions dans cette région particulière et ce sont aux dirigeants (politiques, ndlr) respectifs de s’en occuper.Mais peut-être est-il plus facile de parler d’un projet de football commun que de choses compliquées. Si cela peut aider tous les peuples du Golfe et tous les pays du monde à développer le football et à transmettre un message positif au monde sur le football, alors nous devrions essayer « .
Istanbul, 5 février
« Je suis optimiste, mais est-ce que ce sera facile ? Non, cela ne sera pas facile, je dois être honnête. Pas facile en raison de la situation régionale plus que tendue sur le plan politique et diplomatique. Ce qui impacte évidemment le projet du boss suisse de la FIFA qui consisterait à faire disputer un nombre de matches à définir dans les pays voisins. En l’occurrence le Emirats arabes unis, l’Arabie Saoudite voire Bahrein.
Mascate et Koweit City, 6 mars
Alors que dans ses premières démarches le dirigeant suisse souhaitait associer à cet élargissement les pays voisins en bisbille diplomatique avec le Qatar, pour ne pas dire plus, en l’occurence les Emirats arabes unis, l’Arabie Saoudite et Bahrein, voilà qu’il a changé son fusil d’épaule et qu’il propose d’intéresser deux pays amis de Doha, Oman et le Koweït.
Le boss de l’institution faîtière du football mondial qui a récemment visité Mascate et Koweit City, où il a été reçu par les plus hautes personnalités ,compte mettre cette proposition sur la table lors de la prochaine réunion du Conseil de la FIFA prévue à la fin du mois de mars à Miami, avant d’essayer de la faire adopter en juin à Paris lors de l’élection présidentielle. Une élection dont il est certain de sortir vainqueur ppur la simple raison qu’il est le seul candidat à sa propre succession. Ce forcing va-t-il payer ?
Kuala Lumpur, 6 avril
« Les résultats du sommet ont été très clairs: 90% des associations souhaiteraient passer à 48 équipes. Bien sûr, le développement du football dans le monde entier serait stimulé si 16 autres pays participent à une Coupe du monde et nous analysons cela avec nos partenaires au Qatar. Partager quelques matches avec quelques pays voisins est bien sûr une option. Cela en fera une véritable Coupe du Monde pour toute la région du Golfe. Ce serait une belle réussite si la première Coupe du Monde avec 48 équipes se disputait en Asie ».
Rio de Janeiro, 11 avril
« Les résultats du sommet ont été très clairs: 90% des associations souhaiteraient passer à 48 équipes. Bien sûr, le développement du football dans le monde entier serait stimulé si 16 autres pays participent à une Coupe du monde et nous analysons cela avec nos partenaires au Qatar. Partager quelques matches avec quelques pays voisins est bien sûr une option. Cela en fera une véritable Coupe du Monde pour toute la région du Golfe. Ce serait une belle réussite si la première Coupe du Monde avec 48 équipes se disputait en Asie ».

Epilogue, 22 mai
Le communiqué publié par la FIFA tente de faire partager l’échec de l’initiative entre Zurich et Doha mais en réalité, et à la lecture des extraits de déclarations que nous avons listé ci-dessus, c’est Gianni Infantino qui est le grand perdant de « sa campagne ».
« La Fifa et le Qatar ont conjointement exploré toutes les possibilités pour accroître le nombre d’équipes de 32 à 48 en impliquant des pays voisins », explique le communiqué de la Fifa. « A la suite d’un processus de consultation approfondi (…) il a été conclu que dans les circonstances actuelles une telle proposition ne pouvait être mise en oeuvre ». La Fifa et le Qatar ont « également étudié la possibilité pour le Qatar d’accueillir le tournoi à 48 équipes en abaissant notamment les exigences de la Fifa », ajoute l’instance. Mais une analyse commune a conclu qu’en raison « de l’avancée des préparatifs, plus de temps était nécessaire et une décision ne pouvait être prise avant juin. Il a donc été décidé de ne pas aller plus loin dans cette option.Le Mondial-2022 au Qatar conserve donc son format original avec 32 équipes et « aucune proposition ne sera soumise au congrès de la Fifa le 5 juin à Paris »
La réaction du Comité suprême du Qatar, en charge de l’organisation du tournoi

« Le Qatar a toujours été ouvert à l’idée d’un tournoi élargi en 2022 si un modèle opérationnel viable avait été trouvé et si toutes les parties avaient conclu qu’une édition élargie à 48 équipes était dans l’intérêt du football et du Qatar en tant que pays hôte« .
@Fayçal Chehat